La prière pour les défunts dans l’Église catholique
Les catholiques prient pour les défunts parce qu’ils croient à la résurrection et à la communion des saints. Nous expliquons d’où vient cette pratique, quelles en sont les formes – de la messe et du « Donne-leur, Seigneur, le repos éternel » aux indulgences et à la commémoraison des défunts – et comment prier pour un proche en particulier.

Pourquoi les catholiques prient pour les défunts
Le plus ancien témoignage biblique de la prière pour les défunts se trouve dans le deuxième livre des Martyrs d’Israël (2 M 12,38–46, surtout les v. 43–46). Après une bataille, Judas Maccabée découvrit que les soldats tombés portaient sur eux des objets consacrés aux idoles. Il organisa alors une collecte et l’envoya à Jérusalem pour qu’on offre un sacrifice pour le péché des morts. L’auteur inspiré loue ce geste, car Judas pensait à la résurrection – s’il n’avait pas cru que les morts ressusciteraient, prier pour eux aurait été inutile. La tradition latine résume ce passage par la phrase : c’est une sainte et salutaire pensée de prier pour les morts.
L’Église a repris cette pratique dès l’origine. Le Catéchisme dit que l’Église en pèlerinage, « dès les premiers temps de la religion chrétienne », a honoré la mémoire des défunts et offert pour eux des suffrages, et que notre prière pour eux « peut non seulement les aider, mais aussi rendre efficace leur intercession en notre faveur » (CEC 958). Cette certitude a sa source dans la communion des saints : les croyants sur la terre, les défunts qui traversent la purification et les saints du ciel forment une seule Église, un seul Corps du Christ. L’amour qui nous unissait à nos proches de leur vivant ne s’arrête pas à leur mort.
La prière pour les défunts est liée à l’enseignement sur la purification après la mort. Le CEC 1032 la rattache explicitement à 2 M 12,46 et ajoute que l’Église recommande pour les défunts avant tout le sacrifice eucharistique, ainsi que l’aumône, les indulgences et les œuvres de pénitence. Nous expliquons ce qu’est cette purification dans l’article le purgatoire dans l’enseignement de l’Église.
La Bible permet-elle de prier pour les défunts ?
C’est une question que posent souvent ceux qui ont rencontré le point de vue protestant sur ce sujet. Les communautés protestantes ne reconnaissent pas le deuxième livre des Martyrs d’Israël comme inspiré, et rejettent donc aussi l’argument qui s’y appuie. L’Église catholique – comme les Églises orthodoxes – compte ce livre dans le canon des Écritures (CEC 120). En dehors de lui, la Tradition lit dans la perspective d’une purification après la mort les paroles de saint Paul sur celui dont l’ouvrage brûlera : « lui-même sera sauvé, mais comme à travers le feu » (1 Co 3,15), ainsi que les paroles de Jésus sur le péché qui ne sera pardonné « ni en ce monde-ci, ni dans le monde à venir » (Mt 12,32) – le Catéchisme renvoie à ce dernier texte en citant saint Grégoire le Grand (CEC 1031). L’argument le plus fort reste cependant la pratique ininterrompue de l’Église : la prière pour les défunts est présente dans la liturgie depuis les premiers siècles.
Comment venir en aide aux défunts : les formes de prière
1. La messe
L’Eucharistie est le premier et le plus précieux don pour les défunts, car elle n’est pas seulement notre demande, mais le Sacrifice du Christ lui-même (CEC 1371). On peut demander une messe unique, une neuvaine pour les défunts ou – pour une seule personne – les trente messes grégoriennes. Tout ce qu’il faut savoir avant de demander une messe est réuni dans notre guide la messe pour un défunt.
2. « Donne-leur, Seigneur, le repos éternel »
C’est la prière pour les défunts la plus connue, que l’on dit sur la tombe, après le chapelet, après le bénédicité et chaque fois que l’on fait mémoire d’un défunt :
Donne-leur, Seigneur, le repos éternel,
et que la lumière sans déclin brille sur eux.
Qu’ils reposent en paix.
Amen.
Pour une seule personne, on dit : « Donne-lui, Seigneur, le repos éternel, et que la lumière sans déclin brille sur lui (sur elle). Qu’il (qu’elle) repose en paix. Amen. » Ces paroles viennent de la liturgie latine des défunts (Requiem aeternam dona eis, Domine).
À la tradition de l’Église appartient aussi le psaume 130 (129), « Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur » – la prière de l’homme qui espère, car « près du Seigneur est l’amour ; près de lui, abondance de rachat ». Il est prié dans la liturgie des défunts.
3. Le chapelet et le chapelet de la Miséricorde divine
On peut offrir le chapelet à l’intention d’un défunt en entier ou dizaine par dizaine, en ajoutant après chacune « Donne-lui, Seigneur, le repos éternel ». Les mystères douloureux, qui conduisent à travers la Passion et la mort de Jésus, et les mystères glorieux, qui parlent de la résurrection, sont particulièrement proches de cette prière.
Beaucoup de fidèles prient aussi pour les défunts avec le chapelet de la Miséricorde divine, lié au culte de la Miséricorde divine répandu par sainte Faustine Kowalska. Par ses paroles (« Par sa douloureuse Passion, sois miséricordieux pour nous et pour le monde entier »), nous confions à Dieu tous les hommes, vivants et défunts.
4. Les indulgences
L’indulgence est la rémission devant Dieu de la peine temporelle due aux péchés dont la faute est déjà effacée (CEC 1471). Puisque les défunts qui traversent la purification sont membres de la même communion des saints, nous pouvons les aider en obtenant pour eux des indulgences (CEC 1479). On peut appliquer une indulgence à soi-même ou aux défunts, mais non à une autre personne vivante. La plus connue est l’indulgence plénière pour les défunts des premiers jours de novembre – nous en décrivons les conditions sur la page indulgence pour les défunts du 1er au 8 novembre.
5. La commémoraison des défunts
Dans la tradition polonaise, les noms des défunts sont lus à l’église et l’on prie pour eux en commun. Cette commémoraison peut être ponctuelle (le plus souvent en novembre) ou annuelle, lorsque les noms sont lus tout au long de l’année.
6. L’aumône, le jeûne et la souffrance offerte
Le Catéchisme range l’aumône et les œuvres de pénitence parmi les manières d’aider les défunts (CEC 1032). On peut donc offrir à l’intention d’un défunt une aide concrète aux plus démunis, un jour de jeûne, la peine que demande le soin d’un malade ou une souffrance qu’on ne peut éviter. Ces offrandes « silencieuses » sont souvent l’expression la plus personnelle de notre souvenir.
La prière pour les âmes du purgatoire
Outre la prière pour nos propres proches, l’Église invite à se souvenir de tous les défunts qui traversent la purification – on les appelle traditionnellement les âmes du purgatoire. Le jour des Défunts (2 novembre) est la Commémoration liturgique de tous les fidèles défunts. On peut offrir pour les âmes du purgatoire chacune des formes décrites ci-dessus : la messe, le chapelet, une indulgence ou une aumône. Il n’est pas besoin de formules particulières – il suffit de dire « Donne-leur, Seigneur, le repos éternel » en pensant à tous les défunts, surtout à ceux pour qui personne ne prie.
Comment prier pour une personne précise
- Nommez-la par son prénom. Dieu connaît chacun, mais appeler le défunt par son nom nous aide à prier avec le cœur, et non par simple formule.
- Unissez la prière au souvenir. Remerciez pour le bien reçu par cette personne ; demandez pardon pour ce qui a été difficile – y compris dans votre relation. La prière pour un défunt est parfois un chemin de réconciliation.
- Choisissez un rythme régulier. Une courte prière chaque soir, un chapelet à chaque anniversaire, une messe le jour de sa fête – la régularité protège le souvenir de l’oubli.
- Ne vous limitez pas au mois de novembre. Le jour des Défunts est important, mais les défunts ont besoin de notre souvenir toute l’année.
- Pensez à ceux pour qui personne ne prie. À votre intention personnelle, il est bon d’ajouter tous les défunts oubliés et solitaires.
- Ne cherchez pas de signes. L’Église invite à la confiance, non à chercher à savoir si le défunt « est déjà au ciel ». Nous prions tant que nous aimons – Benoît XVI rappelait qu’une telle prière n’est jamais inutile (Spe salvi 48).
La prière et la messe, ensemble
La prière personnelle et la messe demandée ne se font pas concurrence. La messe est le cœur de la prière de l’Église pour les défunts, et notre souvenir quotidien la prolonge à la maison et sur la tombe. Si vous souhaitez demander une messe pour un proche défunt, consultez notre présentation des intentions de messe que nous recevons, ou demandez directement des messes grégoriennes. Les messes sont célébrées à la paroisse Notre-Dame de Białynicze, et nous envoyons par e-mail une confirmation avec les dates et les heures.
Sources
- Deuxième livre des Martyrs d’Israël 12,38–46.
- Catéchisme de l’Église catholique, n° 958 (la communion avec les défunts) : vatican.va
- Catéchisme de l’Église catholique, n° 1030–1032 : vatican.va
- Catéchisme de l’Église catholique, n° 1471–1479 (les indulgences) : vatican.va
- Paul VI, constitution apostolique Indulgentiarum doctrina (1967) : vatican.va
Questions et réponses
Les défunts peuvent-ils prier pour nous ?
Le Catéchisme dit que notre prière pour les défunts peut « rendre efficace leur intercession en notre faveur » (CEC 958). Le lien de la communion des saints joue donc dans les deux sens. Cela ne signifie pas pour autant que les défunts « rendent visite » aux vivants ou leur transmettent des messages – l’Église n’enseigne rien de tel.
Combien de temps prier pour un défunt ?
L’Église ne fixe aucune limite. Nous ne savons pas comment Dieu « mesure » la purification : il est donc permis et bon de prier pour les défunts toute notre vie – y compris pour des grands-parents et arrière-grands-parents que nous n’avons pas connus.
Puis-je prier pour un défunt qui n’était pas croyant ?
Oui. Prier, c’est confier une personne à la miséricorde de Dieu, et Dieu connaît la conscience de chacun mieux que nous. Dans la prière eucharistique, l’Église recommande aussi à Dieu tous les défunts dont lui seul connaît la foi (prière eucharistique IV).
Le sanctuaire Notre-Dame de Białynicze
Pendant des siècles, Białynicze, au bord de la Droutch, fut l’un des plus importants sanctuaires mariaux de l’ancienne République des Deux Nations, surnommé la « Częstochowa de Biélorussie ». L’église des Carmes abritant l’image miraculeuse de la Vierge, couronnée en 1761, a été détruite à l’époque soviétique.
Aujourd’hui, la paroisse reconstruit le sanctuaire, et chaque messe demandée ici soutient cette œuvre.
Histoire du sanctuaire →Demande de messe
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