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Messe à intentions collectives ou messe à une seule intention : quelle différence ?

On voit de plus en plus d’annonces de messes « collectives » à de nombreuses intentions. Nous expliquons en quoi elles diffèrent d’une messe à une seule intention, ce qu’en disent le décret « Mos iugiter » de 1991 et les nouvelles normes de 2025, et pourquoi le trentain grégorien n’est pas célébré comme une messe à intentions collectives.

Messe à intentions collectives ou messe à une seule intention : quelle différence ?
Lucas Velázquez · Public domain · Wikimedia Commons

En bref

La messe à une seule intention (individuelle) est une messe appliquée à l’intention d’un seul donateur : pour chaque offrande acceptée, le prêtre célèbre une messe distincte (can. 948). La messe à intentions collectives est une seule messe dans laquelle on réunit les offrandes et les intentions de nombreux donateurs différents. L’Église ne l’admet qu’à titre exceptionnel – uniquement lorsque chaque donateur a été informé à l’avance de manière explicite et y a librement consenti. Le trentain grégorien ne peut pas être célébré sous forme de messe à intentions collectives, car c’est une série de trente messes pour un seul défunt.

Trois situations faciles à confondre

Qui demandeCombien d’offrandesCe que cela signifie
Messe à une seule intentionune personne ou un groupe (par exemple une famille)unetoute la messe est appliquée à cette intention
Une intention pour plusieurs personnesun seul donateurunec’est toujours une messe individuelle, par exemple « pour nos parents défunts »
Messe à intentions collectivesde nombreux donateurs indépendantsplusieursune seule messe pour toutes les intentions réunies – uniquement avec leur accord explicite

Ce qui compte n’est donc pas le nombre de noms cités dans l’intention, mais le nombre de donateurs qui ont donné des offrandes distinctes en comptant sur des messes distinctes. Une famille qui demande ensemble une seule messe pour les grands-parents ne demande pas une messe à intentions collectives. Qui peut demander une messe et pour qui, nous l’expliquons dans l’article qui peut demander une messe, et pour qui.

Ce que dit le décret Mos iugiter (1991)

Le décret de la Congrégation pour le clergé Mos iugiter du 22 février 1991, approuvé par Jean-Paul II, a été publié parce que, dans certains pays, la pratique des « intentions collectives » s’était répandue. Le document qualifie les arguments avancés en sa faveur de spécieux et d’échappatoires, et signale deux dangers : manquer à la justice envers les donateurs, et voir peu à peu disparaître chez les fidèles le sens de l’offrande pour une messe à une intention particulière.

En même temps, le décret précise deux situations qui ne sont pas un abus : lorsque des fidèles – surtout dans les régions pauvres – apportent de petites offrandes sans demander une messe distincte pour chacune, on peut les réunir et célébrer autant de messes que le permet l’offrande fixée dans le diocèse ; et les fidèles peuvent toujours, d’eux-mêmes, réunir leurs intentions et leurs offrandes en demandant une seule messe.

La messe à intentions collectives proprement dite, le décret ne l’admet qu’à titre d’exception : les donateurs doivent en être avertis et y consentir, et le jour, le lieu et l’heure de cette messe sont annoncés publiquement, au plus deux fois par semaine. Le document avertit que, si cette pratique s’étendait outre mesure, il faudrait la considérer comme un abus. Un article à part (art. 4) demande aux recteurs des sanctuaires et lieux de pèlerinage, où affluent de nombreuses intentions, de veiller tout particulièrement au respect de ces règles.

En 2025, le Dicastère pour le clergé a publié un nouveau décret : les évêques de la province ecclésiastique peuvent fixer les conditions des messes à intentions collectives sur leur territoire, le consentement des donateurs ne pouvant jamais être présumé. Là où de telles normes n’ont pas été publiées, Mos iugiter reste en vigueur. Le contenu exact des deux documents et leur place dans l’ensemble des canons sont présentés dans l’article les intentions de messe dans le Code de droit canonique.

La messe et la simple « mention » d’un nom

Le décret de 2025 rappelle aussi une distinction importante pour quiconque demande une prière : une messe appliquée à une intention déterminée est une chose, la simple mention d’un nom au cours de la liturgie, par exemple dans la prière universelle, en est une autre. Recevoir des offrandes pour une telle mention comme s’il s’agissait d’une messe est, selon le document, gravement illicite. C’est pourquoi, par exemple, la commémoraison annuelle des défunts est présentée honnêtement comme une prière commune de la paroisse, et non comme une messe à une intention – nous parlons aussi de cette différence dans l’article trentain grégorien ou neuvaine.

Pourquoi le trentain grégorien ne peut pas être collectif

Les messes grégoriennes sont trente messes célébrées jour après jour à une intention qui ne concerne qu’un seul défunt. Cette forme renvoie à l’événement rapporté par saint Grégoire le Grand, qui fit célébrer la messe pendant trente jours pour un seul moine défunt – voir l’histoire des messes grégoriennes. Si l’une de ces messes était offerte en même temps pour de nombreuses personnes réunies à partir de donateurs différents, la série cesserait d’être une série pour cette personne unique. C’est pourquoi, à notre avis – et conformément à la manière dont les paroisses et les ordres religieux décrivent le trentain grégorien –, il ne peut pas se concilier avec la forme de la messe à intentions collectives, même avec l’accord des donateurs.

Cela ne veut pas dire qu’une messe à intentions collectives « aide moins » : toute Eucharistie est le Sacrifice du Christ. Il s’agit de rester fidèle à une pratique précise, reconnue par l’Église, dont nous décrivons les règles dans l’article qu’est-ce que le trentain grégorien.

L’intention particulière à Białynicze

En choisissant dans le formulaire « Intention particulière » ou le trentain grégorien, vous demandez une messe (ou une série de messes) à votre intention – comme le prévoit le can. 948. Vous transmettez l’intention par le formulaire, par e-mail ou par WhatsApp. Nous répondons par e-mail en proposant une date et des horaires et, après réception de l’offrande sur le compte de la paroisse, nous envoyons au plus tard sous deux jours une confirmation indiquant l’intention, la date et l’heure de chaque messe. Les messes sont célébrées en priorité au sanctuaire de Białynicze. Demandez une intention ou des messes grégoriennes ; le sens de l’offrande est expliqué sur la page offrande de messe.

Sources

  • Congrégation pour le clergé, décret Mos iugiter, 22.02.1991, AAS 83 (1991), p. 443–446 – vatican.va
  • Dicastère pour le clergé, décret sur la discipline des intentions de messe, 13.04.2025 – vatican.va (PDF)
  • Code de droit canonique, can. 945–958 – vatican.va
  • Jésuites, paroisse Saint-Étienne, « Intencje mszalne » – szczepan.jezuici.pl (en polonais)

Questions et réponses

Comment savoir si la messe que j’ai demandée ne sera pas une messe à intentions collectives ?

Selon le décret, une messe à intentions collectives ne peut être célébrée qu’avec votre accord préalable et explicite – le silence ne vaut pas accord. Si personne ne vous l’a demandé, votre offrande correspond à une messe distincte. En cas de doute, posez simplement la question à la paroisse au moment de la demande.

Un trentain grégorien peut-il être célébré dans une église où l’on célèbre aussi des messes à intentions collectives ?

Oui. Ce qui compte, c’est que chacune des trente messes soit appliquée pour ce seul défunt – et non quelles autres messes sont célébrées dans cette église. Le trentain grégorien n’a pas non plus besoin d’être célébré dans une seule église ni par un seul prêtre : voir le trentain grégorien doit-il être célébré dans une seule église.

L’ancienne église des Carmes de Białynicze, dessin de Napoleon Orda
Napoleon Orda, Białynicze (1877), domaine public · Wikimedia Commons

Le sanctuaire Notre-Dame de Białynicze

Pendant des siècles, Białynicze, au bord de la Droutch, fut l’un des plus importants sanctuaires mariaux de l’ancienne République des Deux Nations, surnommé la « Częstochowa de Biélorussie ». L’église des Carmes abritant l’image miraculeuse de la Vierge, couronnée en 1761, a été détruite à l’époque soviétique.

Aujourd’hui, la paroisse reconstruit le sanctuaire, et chaque messe demandée ici soutient cette œuvre.

Histoire du sanctuaire →

Demande de messe

Laissez vos coordonnées et votre intention : nous vous répondrons par e-mail en vous proposant une date.

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