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Le purgatoire dans l’enseignement de l’Église catholique

Dans l’enseignement de l’Église, le purgatoire est la purification finale de ceux qui sont morts dans l’amitié de Dieu et sont déjà assurés de leur salut. À partir du Catéchisme (CEC 1030–1032) et des documents du Magistère, nous expliquons ce qu’est le purgatoire, ce qu’il n’est pas et comment venir en aide aux âmes du purgatoire.

Le purgatoire dans l’enseignement de l’Église catholique
Krzysztof Popławski · CC BY 4.0 · Wikimedia Commons

Qu’est-ce que le purgatoire ? La définition du Catéchisme

Le Catéchisme de l’Église catholique consacre au purgatoire trois brefs paragraphes (CEC 1030–1032). Le premier dit qui est concerné par cette purification :

« Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort une purification, afin d’obtenir la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie du ciel » (CEC 1030).

Le deuxième lui donne son nom : « L’Église appelle Purgatoire cette purification finale des élus qui est tout à fait distincte du châtiment des damnés » (CEC 1031). Le troisième indique sur quoi repose cet enseignement – la pratique de la prière pour les défunts – et comment nous pouvons venir en aide aux défunts (CEC 1032).

Trois choses en découlent. Le purgatoire concerne les sauvés, non les damnés. C’est une purification, et non une vengeance de Dieu. Et elle est finale : elle achève un chemin commencé sur la terre. Le Catéchisme explique que le péché, même pardonné, laisse en l’homme un attachement désordonné aux créatures qui a besoin d’être purifié ; cette « peine temporelle » ne doit pas être comprise comme une vengeance infligée par Dieu de l’extérieur, mais comme découlant de la nature même du péché (CEC 1472).

D’où l’Église tire cet enseignement

L’Écriture sainte. Le Catéchisme cite 2 M 12,46 : Judas Maccabée « fit faire pour les morts ce sacrifice expiatoire, afin qu’ils fussent délivrés de leur péché ». La Tradition voit l’annonce d’un feu purificateur en 1 Co 3,15 et 1 P 1,7 (CEC 1031). Le Catéchisme cite aussi saint Grégoire le Grand, qui déduisait de Mt 12,32 que certaines fautes peuvent être remises seulement dans le siècle à venir – le même pape dont les messes grégoriennes tirent leur nom.

La pratique de l’Église. Dès les premiers siècles, les chrétiens ont prié pour les défunts et offert pour eux l’Eucharistie (CEC 1032). Nous ne prierions pas pour les défunts s’il n’existait pas un état dans lequel notre prière peut leur venir en aide. Nous parlons plus longuement de cette pratique dans l’article la prière pour les défunts.

Les conciles. Le Catéchisme indique que l’Église a formulé la doctrine du purgatoire surtout aux conciles de Florence et de Trente (CEC 1031). Le concile de Florence (1439), dans le décret pour les Grecs, déclare que les âmes des vrais pénitents morts dans l’amour de Dieu avant d’avoir satisfait pour leurs péchés sont purifiées après la mort, et que les suffrages des fidèles vivants leur viennent en aide : messes, prières, aumônes et autres œuvres de piété. Le concile de Trente, dans son décret sur le purgatoire (1563), a confirmé l’existence du purgatoire et le fait que les âmes qui s’y trouvent sont aidées par les suffrages des fidèles, surtout par le sacrifice de l’autel. Le même décret demandait aux évêques d’écarter de la prédication au peuple les questions difficiles et subtiles qui ne servent pas à l’édification, et de proscrire ce qui relève de la curiosité ou de la superstition.

Ce que le purgatoire n’est pas

  • Ce n’est pas une « seconde chance ». La mort met fin au temps où l’homme accueille ou refuse la grâce de Dieu (CEC 1021). Saint Jean-Paul II disait que l’état de purification n’est pas un prolongement de la condition terrestre, comme si l’on donnait après la mort une nouvelle possibilité de changer son destin (audience générale du 4 août 1999). Celui qui a refusé Dieu ne va pas au purgatoire : ceux qui le traversent sont déjà sauvés.
  • Ce n’est pas un « enfer adouci ». Le Catéchisme souligne qu’il est « tout à fait distinct du châtiment des damnés ». Les âmes du purgatoire sont déjà dans l’amour de Dieu et ont la certitude du ciel.
  • Ce n’est pas un lieu au sens géographique. Dans la même catéchèse, Jean-Paul II expliquait que le mot « purgatoire » ne désigne pas un lieu, mais un état d’existence.
  • Il ne se mesure pas à l’horloge. Benoît XVI écrivait que la « durée » de cette rencontre purificatrice avec le Christ ne peut être mesurée avec les mesures du temps de notre monde (Spe salvi 47). C’est pourquoi l’Église n’enseigne pas combien de temps « dure » le purgatoire et ne convertit pas les prières en jours.

Qui sont les âmes du purgatoire

Les âmes du purgatoire sont les défunts qui traversent cette purification finale. Elles appartiennent à la même communauté de l’Église que nous – à la communion des saints, qui unit les croyants sur la terre, les défunts en état de purification et les saints du ciel (CEC 954–959). La Tradition les appelle « l’Église souffrante », mais ce n’est pas une souffrance sans espérance : Benoît XVI la décrit comme une douleur bienheureuse, dans laquelle la puissance sainte de l’amour du Christ nous pénètre comme une flamme (Spe salvi 47).

Autour du purgatoire se sont accumulés beaucoup de récits – d’âmes qui apparaissent, de nombres d’années précis ou de « tarifs » de prières. L’Église ne lie son enseignement à aucun d’eux. Même les révélations privées reconnues par l’Église n’appartiennent pas au dépôt de la foi (CEC 67). Sur cette page, nous nous appuyons uniquement sur l’Écriture sainte, le Catéchisme et les documents du Magistère.

Comment venir en aide aux âmes du purgatoire

Le CEC 1032 l’énumère clairement : la prière, en particulier le sacrifice eucharistique, ainsi que l’aumône, les indulgences et les œuvres de pénitence. Benoît XVI ajoute que notre prière pour un défunt peut devenir « une petite étape de sa purification » (Spe salvi 48).

Si vous souhaitez offrir des messes pour une personne défunte, vous pouvez demander des messes grégoriennes ou une autre intention à la paroisse Notre-Dame de Białynicze.

Sources

  • Catéchisme de l’Église catholique, n° 1030–1032 (la purification finale ou purgatoire) : vatican.va
  • Catéchisme de l’Église catholique, n° 1021–1022 (le jugement particulier) : vatican.va
  • Catéchisme de l’Église catholique, n° 1471–1479 (les indulgences, la peine temporelle) : vatican.va
  • Catéchisme de l’Église catholique, n° 954–959 (la communion des saints) : vatican.va
  • Benoît XVI, encyclique Spe salvi, n° 45–48 : vatican.va (en polonais)
  • Jean-Paul II, audience générale du 4.08.1999 (sur le purgatoire) : vatican.va
  • Concile de Florence, décret pour les Grecs (1439), DS 1304 ; concile de Trente, décret sur le purgatoire (1563), DS 1820 – d’après les notes du CEC 1031.

Questions et réponses

Peut-on demander des messes grégoriennes pour toutes les âmes du purgatoire ?

Non. Les messes grégoriennes sont célébrées uniquement pour une seule personne défunte, bien précise. Pour toutes les âmes du purgatoire, on peut en revanche demander une messe unique ou une neuvaine, par exemple à l’intention « des âmes du purgatoire ».

Comment savoir si mon proche est au purgatoire ?

Nous ne pouvons pas le savoir. L’Église proclame certains défunts saints, mais elle ne déclare de personne qu’il est au purgatoire. C’est pourquoi nous prions pour chaque défunt avec confiance, sans chercher à trancher dans quel état il se trouve – ce jugement appartient à Dieu.

La doctrine du purgatoire est-elle un dogme ?

Oui. L’existence d’une purification après la mort et le fait que les prières des vivants viennent en aide aux défunts appartiennent à la doctrine de la foi, formulée par l’Église aux conciles de Florence et de Trente (CEC 1031). La manière dont cette purification s’accomplit reste un mystère, et l’Église ne la décrit pas en détail.

L’ancienne église des Carmes de Białynicze, dessin de Napoleon Orda
Napoleon Orda, Białynicze (1877), domaine public · Wikimedia Commons

Le sanctuaire Notre-Dame de Białynicze

Pendant des siècles, Białynicze, au bord de la Droutch, fut l’un des plus importants sanctuaires mariaux de l’ancienne République des Deux Nations, surnommé la « Częstochowa de Biélorussie ». L’église des Carmes abritant l’image miraculeuse de la Vierge, couronnée en 1761, a été détruite à l’époque soviétique.

Aujourd’hui, la paroisse reconstruit le sanctuaire, et chaque messe demandée ici soutient cette œuvre.

Histoire du sanctuaire →

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